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Des Yacks aux Kiwis
Trek dans la region des Annapurna
 
En route vers Besi Sahar
 
Puisque nous sommes a la derniere minute et qu'il y a une fete nationale qui dure deux semaines et qui debute demain, les seuls billets d'autobus que nous reussissons a trouver nous font asseoir avec le chauffeur ! Bon, on a une belle vue sur ce qui se passe devant, mais pour les "foufs", on repassera, surtout que nos pertes de poids respectives ont fait disparaitre nos coussins naturels. Apres six heures (incluant un bouchon a la sortie de Katmandou et un arret pour le lunch), nous descendons a Dumre.
 
De la, nous prenons un "jeep" pour faire le dernier bout de chemin qui mene au debut du sentier a Besi Sahar. Nous sommes trois, et meme quatre, sur la banquette avant du jeep qui est conduit par un hyperactif d'environ 14 ans.  Malgre l'etat du vehicule et notre conducteur, nous arrivons sains et saufs a bon port. Si nous avions prevu marcher un peu pour nous trouver un lodge a l'exterieur du village de depart (etant donne notre mauvaise experience a Jiri), nous apercevons un endroit qui nous apparait tres bien. Nous decidons d'y passer la nuit. Apres tout, le transport nous a quand meme assez brasses.
 
Les cultures en terrasse
 
Le soleil est au rendez-vous pour notre depart et il le sera fidelement jusqu'a la fin de ce trek. Nous suivons une route qui traverse quelques villages. Apres la traversee d'un pont, cette route devient sentier et commence a monter. Rapidement, les cultures en terrasse constituent l'essentiel du paysage. Des enfants vendent des oranges (vertes) sur le sentier. Il fait chaud ! Les boissons que nous commandons au lunch sont les meilleures du monde.
 
Cultures en terrasse - riz et millet
 
 
Scenes du quotidien Nepalais
 
Une rencontre desagreable

Environ deux heures apres notre depart pour le deuxieme jour de marche, nous sommes arretes par des Maoistes (membre du parti communiste Nepalais avec un historique de violence eloquent) qui nous demandent de faire un "don" de 500 roupies (un peu moins de 10 $) par personne. Heu... Non ! Ils nous remettent un feuille expliquant grosso modo leur point de vue sur la situation politique et le pourquoi de leur existence. C'est vraiment n'importe quoi !!! (Cette expression reviendra sur nos levres tres souvent pour qualifier les allegations des Nepalais.) A preuve, ils avancent sur ce feuillet que contrairement a la propagande du Roi, ils ne font pas d'extorsion. Heu... Pardon ? Nous leur expliquons que nous ne sommes pas au Nepal pour des motifs politiques et que nous ne sommes pas d'accord avec leur mode de financement. Mais, ils sont arrogants. Ils nous expliquent que c'est la regle. Quelle regle ? Puisque l'argumentation n'a pas sa place ici, nous leur donnons 500 roupies pour les deux en leur disant que c'est tout ce que l'on peut donner. Ils nous regardent avec un sourire narquois et nous laissent passer apres nous avoir remis notre "recu". Nous apprendrons a notre retour a Pokhara que les Maoistes de ce poste ont par la suite demande jusqu'a 2000 roupies par personnes. Un Danois, que nous avions rencontre sur le trek de l'Everest, s'est fait frappe au visage parce qu'il refusait de leur donner cette somme. Il va s'en dire que lui et sa femme ont mis fin a leur trek et ont rebrousse chemin. Bravo les Maos !
 
Les groupes

Les groupes (Francais, Tcheques, Allemands, Americains, Israeliens) sont tres nombreux sur ce trek. Sur le sentier, il faut se faire aller les batons pour les depasser parce qu'ils avancent lentement et ne se pressent pas pour nous ceder le chemin. Dans les lodges, ils faut arriver assez tot pour avoir une chambre. Bon, nous nous sommes fait retourner une seule fois, mais si l'on veut une belle chambre, mieux vaut se pointer avant la foule. Meme chose pour les repas, il faut s'assurer de commander avant les groupes, sinon on peut avoir faim longtemps. Mais ce que l'on trouve le plus dommage quand il y a des groupes, c'est que ca ne facilite pas les echanges. Ils discutent entre eux sans ce soucier des autres voyageurs. Les groupes sont en quelque sorte un pays se deplacant a l'interieur d'un autre pays : pas besoin de communiquer avec l'exterieur, pas besoin de s'adapter, pas besoin de se soucier de l'impact de l'arrivee d'un groupe de 20 personnes dans un village ayant 15 chambres (les autres voyageurs s'arrangeront pour se trouver une chambre ailleurs). En general, le groupe enverra ce que l'on aura baptise un 'pigeon', soit un porteur ou un guide partant a la course pour reserver les chambres dans le prochain village. Pas tres sympas. Le touriste responsable, tres a la mode ces temps-ci, inclut aussi le respect des autres voyageurs. On doit donc s'interroger sur la presence (et surtout le comportement) des groupes de plus de 8 personnes sur un trek avec la formule lodge ou refuge. Donc, quand on arrive dans un lodge et que le proprio nous annonce qu'un groupe s'amene... On poursuit notre route si on en a la force.
 
Bonne bouffe
 
Peut-etre sommes nous moins capricieux ou plus aventuriers avec le temps, on dirait que la nourriture est de mieux en mieux et de moins en moins monotone. On se delecte de pizza, de frites et d'enchiladas. Plus on avance, meilleure est la nourriture. Serge ose meme le poulet frit a quelques reprises. Pour Marie-Eve, la valeur sure demeure la pizza, une bonne facon de manger des legumes sans les montagnes de pates et de riz.
Vers la fin du trek, on choisit le dhal bhat (riz et lentilles) a quelques reprises pour renouer avec la cuisine locale pendant qu'il en est encore temps. Joseph, notre ami Tchek qui vit en Australie consomme le dit dhal bhat midi et soir, alors il sait nous recommander les meilleurs.
 
Les originaux, mais tres delicieux enchiladas nepalais 
 
Upper pisang
 
A Pisang, nous prenons la variante qui monte vers Ghyaru. La montee en "Z" est des plus sportives, mais la vue sur les montagnes en vaut la chandelle (Annapurna II, III et IV, Gangapurna, Roc Noir, Manaslu). Le village de Ghyaru est de type tibetain (les maisons sont empilees les unes sur les autres) et on y retrouve que trois lodges dont un seul vraiment digne de ce nom alors le choix est facile. Quoi qu'il en soit, on se reveille tous les deux avec un rhume. Cela ne nous empeche pas d'apprecier le lever du soleil sur les Annapurna.
La route est spectaculaire jusqu'a Manang ou on rejoint le sentier principal et le traffic qui s'en suit. Manang est un gros village ou l'on retrouve cafes, boulangeries et petites epiceries. Il y a meme des salles ou l'on projette des films. Nous nous trouvons une belle chambre dans un lodge reconnu pour son resto. Convaincus, nous commandons une lasagne et des cannelonis. Surprise ! Sous le fromage fondu et la sauces, les cannelonis ne sont pas des pates, mais plutot des tranches de pain applaties, roulees et farcies. Passe l'etonnement du debut, ca se mange ! Pour les cannelonis, j'attendrai de retourner en Italie.
 
 
La danse magique des nuages sur le massif des Annapurna      Le Manaslu et ses nuages lenticulaires
 

Tilicho Lake
 
Il nous faut quelques essais/erreurs pour trouver le bon sentier menant au camp de base du Lac Tilicho. Pour y acceder, nous avons le choix entre le sentier du bas (plus risque mais plus rapide) ou celui du haut (qui prend plus de temps et d'energie). Efficaces (ou paresseux) nous choisissons le sentier du bas. Nous ne regrettons pas notre choix. Si le sentier est en effet un peu dangeureux puisque l'on doit traverser une zone d'avalanche, les formations rocheuses y sont tres caracteristiques et le paysage est saisissant. Nous avons meme droit au spectacle d'un troupeau de moufflons qui devalent une pente d'avalanche a toute allure.
 
 
Pente instable menant au camp de base du Lac Tilicho        Moufflons devalant une pente abrupte a toute allure
 
Seul bemol, le lodge du Tilicho Base Camp est vraiment degeulasse... et le mot est faible. On passe quand meme du bon temps a discuter avec Florence et Henri ainsi que Stephane et Christophe, des Francais sympathiques. Le lendemain, on se leve vers 5 h 30 pour marcher les heures qui nous separent du lac Tilicho. Le soleil se leve peu apres notre depart et nous offre une lumiere haute en couleur sur les sommets qui nous entourent.
 
 
Le Manaslu au leve - en route vers le Lac Tilicho
 
On voit encore des moufflons. Le dernier bout du sentier pour rejoindre le lac se fait sur la neige. Nous avons l'impression d'evoluer sur des dunes enneigees. Le paysage est surrealiste. Quand nous arrivons au lac, nous sommes seuls. Nous prenons notre petit dejeuner en contemplant le plus haut lac du monde. Quand meme ! 
 
Lac Tilicho

Nos amis les animaux
 
Outre les moufflons que nous apercevons a quelques reprises, on a la chance d'observer longuement un 'himalayan monal', un genre de vautour ainsi que des aigles. Aussi, quelques lezards furtifs nous coupent regulierement le chemin. En ce qui a trait aux animaux domestiques, on voit surtout des mules' qui font le meme boulot que les yacks dans la region de l'Everest. On rencontre aussi quelques chiens maigres, des poules et des buffles.
 
  
Aigle nepalais                                                                               Sympathique lezard parmi le canola
 
Majesteux Hymalayan Monal
 
Thorung La - Jomsom

Apres la variante du lac Tilicho, nous allons directement vers Thorung Phedi, le camp de base de Thorung la, un col que l'on doit passer a 5 416 m. Ce col represente un des grands defis pour les trekkers puisqu'il exige une ascension de plus de 1000 metres a une altitude ou l'oxygene se fait rare. De plus, la meteo au col est souvent incertaine et le sentier est en partie enneige. Comme toujours, nous sommes chanceux et le est ciel radieux quand le soleil se leve quelques minutes apres le debut de notre ascension. Il doit nous rester quelques globules rouges d'extra de notre acclimatation du trek de l'Everest puisqu'on depasse au moins une cinquantaine de personnes dans le temps de le dire. Il faut dire qu'il y a du traffic dans certaines montees et que plusieurs personnes sont impressionnees par la neige sur le sentier. Des que l'on passe le col, le paysage change dramatiquement. Les montagnes sont denuees de toute vegetation. L'ensemble est monochrome avec des variations dans les tons d'orange. L'aridite du paysage contraste avec le bleu du ciel.
 
Region de Mustang a la descente du Thorung La 
 
Nous redescendons rapidement vers Muktinath lieu de pelerinage tres couru des boudhistes. C'est d'ailleurs probablement pour cette raison ou en grande partie, qu'une route permet aux jeeps de se rendre jusqu'a Muktinath. Ordinaire pour la rando ! Au depart pour Jomosom, une vieille dame demande a Marie ou elle va, Marie repond a Jomosom. Elle repond "Moi aussi", prend un baton de marche des mains de Marie et nous accompagne pendant quelques heures jusqu'a Jomosom. Marie et elle discuteront, dans quelle langue ??? La langue universelle. Marie ne parle pas nepalais, la dame ne parle pas anglais. Mais elles se comprennent.
 
 
Notre compagne de voyage Nepalaise                                         "Route" tres frequentee entre Muktinath et Jomosom
 
Le tres spectaculaire Daughlagiri et son icefall
 
Un peu las de marcher sans repis, nous evaluons l'idee de prendre l'avion a Jomosom pour aller nous reposer a Pokhara et revenir ensuite sur les sentiers faire la section du sanctuaire. Puisque nous sommes a deux jours de marche de Tatopani, un village decrit dans le Lonely Planet comme un oasis de commodites et de bonne bouffe, nous continuons en marchant. Mais quelle n'est pas notre deception (probablement que nos attentes etaient demesurees) lors de notre arrivee a Tatopani. Vraiment, sans interet... et sans confort particulier par rapport aux autres villages. Decus, nous poursuivons notre route pour le village suivant qui se situe a environ 1000 metre d'ascension. Ouf ! La journee est longue.
 
Repos a Ghorepani
 
Le lendemain, nous marchons seulement deux heures trente minutes pour arriver a Ghorepani, un vrai village de touristes. Puisqu'il est tres accessible de Pokhara, les lodges y sont nombreux, bien equipees et la nourriture est excellente (point qui devient de plus en plus important). Apres avoir fait notre lavage et pris une bonne douche chaude, nous passons la journee a nous prelasser pres du poele a bois dans la salle a manger. Voila une pause bien merite ! En fait, Ghorepani est aussi tres couru parce que c'est a deux pas de Poon Hill, une montagne qui permet d'avoir un point de vue assez spectaculaire de la chaine des Annapurna. Aux petites heures de la nuit, tous les touristes se dirigent a la frontale vers le point de vue pour ne pas manquer les premiers rayons de soleil. Quand nous nous levons vers 6 h le lendemain, le village est deja vide et le jour est sur le point de se lever. Nous montons a peine quelques minutes avant de nous arreter pour regarder le lever du soleil sur les montagnes. Nous ne joindrons pas les 200 touristes au point de vue. Plus tard, en direction de Chomrong, nous aurons la chance d'avoir des vues splendides sur les sommets, sans les desagrements de la foule.
 
L'incisive Macchapucchre
 
Sanctuaire des Annapurna
 
En route vers la section du sanctuaire des Annapurna ou vers la camp de base de l'Annapurna Sud (A.B.C. pour Annapurna Base Camp comme l'appellent les inities), nous apercevons le Macchapucchre (queue de poisson). Comme son nom l'indique, ce mont possede un sommet a la forme des plus caracteristiques.
A partir de Chomrong, nous marchons dans une etroite vallee ou les nuages sont rois a partir de midi. Les sommets sont difficiles a apercevoir, mais les trekkeurs qui reviennent du camp de base de l'Annapurna nous encouragent en nous decrivant le paysage qui nous y attend avec enthousiasme. Lorsque nous arrivons a A.B.C., les nuages ont deja envahi le ciel. Nous passons l'apres-midi dans la salle a manger du lodge a nous rechauffer un peu grace au poele au kerosene qui est sous la table. La grande et lourde nappe que l'on ramene sur nos jambes nous sert de couverture commune. On discute avec Joseph, qui est toujours avec nous, ainsi que Marian et Alex, le pere et le fils Australien d'origine polonaise, et deux jeunes anglais trippeux. Le lendemain, le ciel est parfaitement clair et nous profitons longement de la vue qui s'offre a nous sur les hauts sommets de l'Annapurna I, l'Annapurna Sud, du Roc Noir, et du Macchapucchre.
 
Sanctuaire des Annapurna - Annapurna I 
 
Des rencontres interressantes
 
Notre aventure sur trek des Annapurna n'aurait pas ete la meme sans toutes ces belles rencontres : le couple de Suisse, Stephane et Christophe de Grenoble, Florence et Henri, aussi de Grenoble, Joseph de Sydney, Marian et Alex de Hobart en Tazmanie, les deux jeunes anglais, les deux quebecois de Montreal et Mont-Saint-Hilaire (desoles les gars, on ne connait pas vos noms !), les deux Europeens qui ont enseigne la plongee en Thailande et qui nous ont donne tout plein de bons conseils, le canadien de la Colombie-Britannique que nous avons meme revue en Thailande et tous les autres avec qui nous avons echange des sourires, des "Hello" et des "Namaste" de complicite symphatique.

Pokhara et retour a Katmandou
 
Apres le camp de base de l'Annapurna, nous ne trainons pas. Nous mettons deux jours pour aller jusqu'a Naya Pul, horrible village ou passent les autobus et les taxis qui ramenent les trekkeurs fatigues vers Pokhara. A Pokhara, nous avons une chambre avec salle de bain dignes de ce nom. Nous y passons deux jours a profiter surtout des restos ! Nous allons faire une balade en "velo" dans la vraie ville, mais pour le reste, on se repose...
 
De retour a Katmandou le 6 novembre, on apprend que nous avons des billets d'avion pour la Thailande le 15 novembre. Puisque nous sommes en avance sur notre echeancier, nous sommes un peu decourages. Nous ne savons pas trop quoi faire de tout ce temps a Katmandou et l'appel de la plage, du confort et du calme commence a se faire assez pressant. Nous nous mettons sur une liste d'attente pour obtenir des billets avant, mais l'agent de voyage ne semble pas convaincu. Nous repassons a l'agence le lendemain pour payer nos billets du 15 et passons l'apres-midi sur une terrasse a lire sur ce que nous pourrions faire de tout ce temps dans la region de Katmandou. De retour a l'hotel, on apprend que l'agence de voyage a laisse un message. On rappelle et on apprend que deux places sont disponibles pour... Le lendemain ! Yeah ! On repart a la course chercher les billets... Et nous voici a Bangkok. 
 
 
Les statisitiques du trek
 
Denivele positif total approximatif : 12 700 m
Heures de marche approximatives : 92 heures
Kilometres de marche approximatif : 250 km
Nuits entre 3 000 m et 4 000 m : 3
Nuits entre 4 000 m et 5 000 m : 3
Cols : Thorung La (5 416 m)
Camp de base : Tilicho Lake (4 100 m)
 
Les belles rencontres - nationalites

Allemagne : 9
Australie : 6
Canada - Quebec : 17 (wow ! surtout dans le sanctuaire)
Canada - autre : 1
Chine : 2
Danemark : 2
Espagne : 5
Etats-Unis : 7
Finlande : 1
France : 18
Hollande : 2
Israel : 8
Letonie (ortographe a verifier !!!) : 15
Norvege : 1
Republique tcheque : 34
Royaume-Uni : 11
Suede : 1 
Suisse : 4
 
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